26 janvier 2012

Mochitsuki, fabrication de mochi autour du Nouvel An

Le 15 janvier, je suis invitée par ma professeure de danse avec ma camarade de danse à voir la traditionnelle fabrication de mochi (pâte de riz), organisée par la ville et une cinquantaine de bénévoles, dont son mari. Ils sont chargés de préserver une maison et les fêtes traditionnelles. Regardez ici le sens du mochi lors du Nouvel an (avant ou apres).

La maison traditionnelle

Cette maison est située dans un quartier traditionnel (ou quelques vieilles maisons aux jardins japonais subsistent, ainsi que des champs de radis), du coté sud de la gare de la ville de Wakō, à 20 minutes de Tokyo. Le maire de la ville, alors présent, m'explique son histoire. Elle appartenait à un riche fermier de la ville qui possédait de nombreuses rizières. Elle a 300 ans, même si elle a été restaurée (ce qui signifie reconstruite au Japon). Le toit très épais est en chaume, matière étanche. Elle est composée de morceaux assemblés, afin de construire, déplacer et reconstruire la maison et de se rapprocher de ses champs facilement. C'est une façon traditionnelle de construire les maisons au Japon, me dit-il. 

tanuki (blaireau) qui protege la maison

La grande cour est entourée d'une fine voie d'eau et d'un tout petit moulin. L'intérieur vaste est à moitié recouvert de tatamis surélevés, avec des tables basses, et l'autre moitié est une grande pièce avec le sol en terre. La partie avec tatamis est entourée de portes coulissantes, le reste est protégé par des murs épais en matière naturelle. Au centre se trouve le foyer avec un feu, autrefois pour cuisiner et se réchauffer. On comprend alors la facilité avec laquelle les maisons prenaient feu.

Le foyer au centre, entre les tatamis et la cuisine

La fabrication du mochi

Le mochi est une pâte fabriquée à base d'un riz gluant utilisé à cet effet. Voici comment la fabrication populaire traditionnelle se déroule : 

Cuisson du riz à l’aide de rondins de bois (maki). Puis, dans un autre récipient en bois, n'importe qui, notamment les personnes âgées et les familles avec de jeunes enfants, se prête au jeu d'écraser ce mélange avec une sorte de gros marteau en bois, se transformant peu à peu en pâte. Les parents et grands-parents initient l'enfant de très bas âge, qui devient tout fier après trois petits coups. Des personnes autour crient “mochi tsuki !” lors de chaque coup, les comptent ou applaudissent en rythme. Un partenaire rajoute de l'eau entre chaque coup et retourne parfois la pâte, et on continue à l'écraser à tour de rôle, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle devienne très molle, ou “mochi mochi”, une des centaines d’onomatopées qui indique un aspect. 

"mochi tsuki !"

Un partenaire mouille et retourne la pâte



Les rondins de bois conservés dans la cour de la ferme

L'eau était autrefois puisée dans le puits de la cour

Pendant ce temps, un groupe de bénévoles s'affaire dans la maison à préparer des boites à emporter (bentos) de trois boules de mochi : une boule de pate est assaisonnée d'une sauce au radis râpé (daikon mélangé avec du ponzu), un peu piquant et acide, une autre est recouverte de kinako (farine de haricot de soja, c’est alors un kinakomochi), et la troisième est entourée de anko (pâte de haricot rouge sucrée, c’est un ankomochi). Nous sommes ensuite invités à les manger dans la maison, sous une table basse recouverte d'une couverture épaisse (kotatsu), autour du feu du foyer. Ceux qui n'ont pas cette chance mangent sur des tatamis dans la cour. 

Fabrication de bentos de mochi

Service des bentos de mochi gratuits


Petit-dejeuner de mochi sous les "kotatsu" pour les chanceux


Les enfants jouent à des jeux d'autrefois 

Comme d'habitude, les conditions climatiques difficiles n'empêchent pas le monde de se rassembler lors des fêtes chaque mois, qu'il fasse 5 ou 35 degrés, qu'ils aient 5 ou 80 ans. A l'entrée de la propriété, un bénévole qui accueille porte seulement des sandales avec des chaussettes. Je lui demande s'il n'a pas froid, parce que mes orteils sont gelés malgré mes bottes en cuir. Non, je n'ai pas froid. Puis ma camarade de danse dit en riant : c'est parce qu'il est encore jeune ! Et le monsieur répond sur le même ton: oui je suis jeune, j'ai 80 ans cette année !

On mange le mochi dans le froid apres sa fabrication, toujours ensemble
(moi j'ai trop froid pour rester une minute de plus, desolee !) 

© Crédit photos Tséline - Merci de me contacter si l'une d'elles vous intéresse.

La popularité de Baruto, sumo d’Estonie

Le sumo semblait perdre sa popularité auprès des nouvelles générations, car nous avions vu un public composé en grande majorité de personnes âgées l’année dernière. Mais la victoire de Baruto cette année rappelle un succès auprès de tous les âges. Témoignages.



Baruto's wife Elena
gives the Estonian ozeki flowers on Jan. 22.
(Hikaru Uchida in Asahi Shinbun)


Lundi 23 janvier, nous voyons la victoire du jeune et immense sumo estonien Baruto (Balt), et sa famille pleurer de joie, lors de la finale. Le lendemain, je rencontre ma professeure et ma camarade de danse, Japonaises d’environ 70 ans, qui me demandent si j’ai vu Baruto et sa femme à la télévision, puis parlent de l’emplacement géographique de l’Estonie (l’une d’elles y est allée après la guerre). Enfin elles ne cessent de s’exclamer : « oh ! Elle était belle la femme de Baruto en kimono ! ». Je savais que Baruto était populaire, mais sa femme le semble autant, désormais.

Le surlendemain, Mamiko, une jeune élève de 23 ans, m'apporte un souvenir de Ryogoku, le lieu ou se déroulent les compétitions nationales de sumo à Tokyo. Elle était ravie d'avoir vu la victoire de Baruto. J’en ai profité pour l’interroger en français et en japonais pour animer le cours.

Mamiko, pourquoi tu aimes le sumo ?
Les règles sont simples et j'aime le sens des prénoms des sumos. En général le professeur donne à ses élèves son prénom ou une lettre de son prénom. Le nom de « Baruto » vient de « Mer baltique » parce qu'il est estonien.

Est-ce qu'il vit au Japon depuis longtemps ?
Je ne sais pas, mais il parle bien le japonais. Sa mère et sa femme sont venues d'Estonie pour le voir jouer à Tokyo. Elles portaient un kimono.

Baruto et sa femme ne vivent pas ensemble ?
Non je ne crois pas. Sa femme est bergère en Estonie. On dit qu’elle a trente vaches ! (rires)

Est-ce que tu penses que le kimono va bien à la femme de Baruto ?
Oui, je pense, parce que le kimono était blanc et elle est blonde.

Mais au sumo, les étrangers sont plus forts que les Japonais. Tous les ans jusqu'à l'année dernière, c’est un Mongol qui a gagné. Et elle me montre une image de son sumo préféré qui pend de son téléphone portable : je l’adore car il est très fort, bien qu’il soit japonais !


言葉/ vocabulaire :

on dit que はっきり言えません
aller bien :似合う
Ex. : Le kimono va bien à la femme de Baruto.


  

27 décembre 2011

Qui est le chien de Softbank ? Otosan desu...

A mon arrivée au Japon, je suis allée acheter un téléphone portable à Softbank, célèbre agence de téléphonie japonaise. J'y découvre alors « Otosan ». Leur campagne publicitaire est très populaire. Pourquoi ? Une réussite marketing que je tiens à partager, indice de goût d'une partie d'une culture.


La famille d'"otosan" avec un service à ragoût